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Protection incendie dans les exploitations agricoles

Du fourrage en vrac surchauffé, de généreuses récoltes dans la grange, des stocks d’engrais, les risques supplémentaires liés aux installations énergétiques – en matière de protection contre le feu, les exploitations agricoles sont confrontées à des défis de taille.

Protection incendie dans les exploitations agricoles
Les exploitations agricoles sont particulièrement exposées aux risques d’incendie.

(pg) Selon la statistique des sinistres de l’Association des établissements cantonaux d’assurance immobilière, entre 2011 et 2020, en moyenne 8,4 % de l’ensemble des incendies d’ouvrages en Suisse sont à déplorer dans des bâtiments agricoles.

Ce chiffre impressionnant n’étonnera personne, puisque le risque d’incendie est passablement élevé dans ce type d’exploitations. Foin, paille et autres récoltes y sont stockés, tout comme des engrais et du carburant pour les véhicules et machines. À cela s’ajoutent de nombreuses installations électriques, des systèmes de fourrage assistés par ordinateur aux installations photovoltaïques. Par ailleurs, il s’agit souvent de bâtiments passablement âgés. Si, en plus, une longue période de sécheresse sévit, la situation devient encore plus précaire.

En matière de prévention des incendies, différentes mesures doivent être prises en compte, à commencer par les mesures organisationnelles (p. ex. la surveillance des stocks de fourrage, tels que le foin et le regain), les mesures architecturales (p. ex. la création de compartiments coupe-feu et de voies d’évacuation) et les mesures techniques (p. ex. les installations de protection contre la foudre et les extincteurs). Tous les bâtiments construits en Suisse doivent répondre aux prescriptions de protection incendie de l’Association des établissements cantonaux d’assurance incendie (AEAI).

Les principales mesures de protection incendie 

Surveillance des stocks de fourrage

Le foin en vrac doit faire l’objet d’une surveillance. Plus précisément, sa température doit être régulièrement vérifiée et ce, une ou deux fois par semaine, jusqu’à au moins deux mois après l’engrangement. Lorsque ces vérifications ne sont pas réalisées et scrupuleusement documentées, des réductions des prestations d’assurance sont à craindre en cas de sinistre.

Les températures jusqu’à 50 °C ne représentent pas un danger en soi, en revanche, si le thermomètre affiche plus de 45 °C pendant plus de trois semaines, il convient de redoubler de prudence. À partir de 50 °C, la température doit être vérifiée quotidiennement et dès que la barre des 55 °C est passée, il faut prévenir les pompiers. À plus de 70 °C, un risque accru d’inflammation spontanée existe et le service du feu doit être alarmé au numéro 118.

Installations électriques

Les équipements d’exploitation électriques doivent être installés, montés, utilisés et entretenus de manière à éviter tout risque d’inflammation pour les parties combustibles du bâtiment ou d’autres objets. Les installations correspondantes doivent être réalisées par des spécialistes qualifiés. Ceux-ci sont tenus de soumettre les installations à un contrôle final et de les enregistrer auprès du fournisseur d’énergie. En cas de constat de câbles, de prises ou d’appareils électriques défectueux, il est impératif de les mettre immédiatement hors service.

Travaux à chaud et véhicules à moteur dans des locaux séparés

Une prudence particulière est impérative lors de travaux au chalumeau, avec des fers à souder, des appareils de soudage ou de meulage. La combustion de substances inflammables, de poussières et de gaz provenant du réservoir de lisier présente des risques particuliers. Les ateliers et les pièces dans lesquels sont effectués des travaux à chaud doivent être séparés des locaux à usage agricole par un mur coupe-feu EI 60. Cela s’applique également aux locaux dans lesquels des véhicules à moteur sont garés.

Mesures organisationnelles

Par ailleurs, une multitude de mesures organisationnelles permettent d’éviter les incendies dans les installations agricoles, ou du moins de les contenir le plus rapidement possible. En font partie :

  • Maintenir l’ordre (ranger le bâtiment, éliminer la poussière, les toiles d’araignées et les déchets)
  • Stocker correctement les matières dangereuses
  • Sécurité (fermer et surveiller bâtiments et locaux, prévention des incendies intentionnels)
  • Aménager les installations de chauffage dans un secteur coupe-feu dédié
  • Installation d’extincteurs dans tous les bâtiments d’exploitation et les étables
  • Un système d’adduction d’eau d’extinction doit être mis en place
  • Interdiction formelle de fumer
  • Respect des prescriptions en matière de protection contre la foudre.

Comportement correct en cas d'incendie 

  1. Alarmer – numéro 118 (où le feu s’est déclaré, quel bâtiment brûle)
  2. Sauver (alerter les personnes, les dégager ou les évacuer)
  3. Éteindre (lutter contre le feu)

En cas d’incendie dans une exploitation agricole, souvent, des animaux doivent être évacués entre les points 2 et 3. Cela peut s’avérer plus ou moins difficile. Notamment les porcs, les moutons et les poules sont souvent paniqués. On déplore également de nombreux décès là où les vaches sont attachées ou lorsque les porcs sont élevés dans des enclos qui les empêchent de fuir. De manière générale, il est difficile d’évaluer le comportement des animaux face au feu, à la chaleur, à la fumée, au bruit, aux gyrophares et à l’eau d’extinction.

 Évacuer les animaux en cas d'incendie

  • un concept de sauvetage des animaux devrait être établi,
  • la voie d’évacuation et la zone de rassemblement devraient être bien éclairées, sans aveugler les animaux,
  • la voie d’évacuation devrait être connue,
  • les portes devraient s’ouvrir vers l’extérieur et être équipées de systèmes d’ouverture rapide.
  • Auteur :
  • infomaison
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  • istockphoto