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Chauffage au mazout : quand et comment le remplacer ?

De nos jours, les chauffages au mazout ne jouissent plus d’une grande popularité. Pourtant, ils sont encore en fonction dans de nombreux bâtiments. Pour savoir quand et comment remplacer ces installations, il vaut la peine de procéder à un état des lieux minutieux.

Chauffage au mazout : quand et comment le remplacer ?
Les chauffages au mazout ont également une durée de vie optimale. Un jour ou l’autre, l’efficacité diminue et le risque de pannes augmente.

(MP) Les chauffages au mazout ont également une durée de vie optimale. Un jour ou l’autre, l’efficacité diminue et le risque de pannes augmente. Dans ce contexte, il ne faut pas perdre de vue le fait qu’un système de chauffage est constitué de différents composants. Ainsi, les experts estiment la durée de vie des brûleurs à mazout entre 15 et 20 ans et celle des chaudières à mazout d’environ 25 ans. Bien entretenue, une citerne à mazout en acier peut rester en service pendant 40 ans, tandis que celle en plastique est conçue pour fonctionner en toute sécurité pendant 30 ans. Le circuit de chauffage est en principe indépendant de la production de chaleur. Il peut rester performant plus longtemps. Il convient également de noter que les autorités peuvent ordonner l’assainissement du chauffage au mazout en raison de valeurs trop élevées des gaz d’échappement.

Faut-il abandonner ou non le mazout ?

Le chauffage au mazout est conçu pour un type de mazout bien précis, ce qui le rend totalement dépendant, sans aucune alternative possible. Toutefois, à partir de 2023, seul le mazout écologique, qui contient moins de soufre et d’autres polluants atmosphériques, pourra encore être commercialisé. Or, le mazout, indépendamment de sa teneur en soufre et en azote, est une source d’énergie fossile – lorsqu’on le brûle, la proportion de dioxyde de carbone (CO2) dans l’air augmente. Comme l’augmentation du CO2 entraîne le réchauffement de la planète, il faut réduire la combustion des énergies fossiles. En Suisse, il n’est pas interdit de continuer à exploiter un chauffage au mazout existant – et l’installation de nouveaux composants est autorisée également. En revanche, il faut tenir compte de différentes prescriptions fédérales et cantonales. Celles-ci influencent les coûts d’exploitation (augmentation du prix du mazout) et posent des conditions lors du remplacement du chauffage : par exemple, le MoPEC 2014 exige des parts de sources d’énergie renouvelables dans la consommation future, après la rénovation. Tous les cantons ont l’intention d’introduire ces prescriptions ; à l’automne 2021, plus de la moitié d’entre eux ont déjà adapté dans ce sens leurs lois sur la construction et l’énergie. En substance, elles préconisent : pour le chauffage, une part minimale de sources d’énergie renouvelables est exigée. Ainsi, les systèmes de chauffage fossiles peuvent être complétés par une installation solaire thermique. Toutefois, le remplacement du brûleur à mazout n’est généralement autorisé que si les besoins en chaleur du bâtiment ont été réduits de 10 %, par exemple grâce à des mesures d’isolation.

La législation plaide pour le remplacement du chauffage au mazout

Le moment opportun pour rénover le chauffage au mazout ne dépend donc pas uniquement de son état, mais aussi de la législation. Cette dernière s’oppose en principe à tout nouvel investissement dans un chauffage au mazout. Malgré le rejet de la loi révisée sur le CO2 en juin 2021, les taxes sur les combustibles augmentent, la loi existante constituant une base légale suffisante. Au niveau cantonal, les perspectives à partir de l’été 2021 ne sont pas claires dans de nombreuses communes. Avenergy Suisse, qui représente les intérêts des importateurs de combustibles et carburants liquides, a mis en ligne sur son site internet une carte interactive indiquant les possibilités de remplacement des chauffages au mazout dans les différents cantons. Selon cette carte, pas moins de douze cantons prévoient « d’éventuelles modifications prochaines de la pratique en matière d’autorisation ». Ces changements rendront certainement plus difficile la poursuite de l’exploitation d’un chauffage au mazout.

État des lieux du chauffage au mazout existant

Dans ces conditions, il est important de faire un état des lieux approfondi du chauffage au mazout existant et de le comparer avec les perspectives pour l’ensemble de l’immeuble. Un avantage important du chauffage au mazout est l’autonomie et le stockage indépendant de l’énergie dans une citerne à mazout. Cela permet de constituer des « réserves » compactes au moment où le prix est le plus avantageux. Mais pour cela, il faut disposer d’un espace propice sur le terrain. Lorsque l’on choisit le remplacement par un nouveau système de chauffage, cet espace libéré doit également être pris en compte dans la décision. Il pourrait être utilisé pour stocker d’autres sources d’énergie, comme le gaz liquide, les granulés de bois ou le courant électrique (batterie de stockage), et peut-être aussi pour héberger des installations techniques supplémentaires. En outre, il existe désormais en Suisse diverses entreprises qui transforment les citernes à mazout pour qu’elles puissent accueillir l’eau de pluie.

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